Durant les années 1920 et 1930, un groupe de jeunes caribéens provenant de colonies françaises se retrouvèrent dans Paris. Ils y rencontrèrent des écrivains de la Renaissance de Harlem grâce à Paulette Nardal et sa soeur Jane. En effet, bien qu’écrivaines, celles-ci possédaient un salon de thé qui fut l’endroit où le mouvement de la Négritude a véritablement débuté. Avec le docteur haïtien Leo Sajou, Paulette Nardal commence à rédiger un journal littéraire, La revue du Monde Noir. C’est grâçe à ce journal que le mouvement des intellectuels Africains et Caribéens a pu autant croître.

En parallèle, dans les colonies hispanophones des Caraïbes, un mouvement similaire a vu le jour, le Negrismo, dont les fondateurs sont également lié à des acteurs de la Renaissance de Harlem.

Les personnes que l’on considère comme les fondateurs de la Négritude, sont connus en tant que les trois pères. Il s’agit d’Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, et de Léon-Gontran Damas. Bien qu’originaires de différentes colonies, il se rencontrèrent à Paris en 1931.

Aimé Césaire était un poète, un auteur dramatique, ainsi qu’un politicien originaire de Martinique. Il effectua ses études à Paris, où il y rencontra la communauté noire, celle qui lui permit de “redécouvrir” l’Afrique. Selon lui la Négritude, c’était d’abord l’acceptance du fait d’être noir, mais aussi l’appréciation de leur histoire, de leur culture, de leur art, etc… Il chercha à faire reconnaître la triste expérience du peuple noir durant la colonisation : vendu comme des simples marchandises, des conditions de vie terribles… C’est cette idéologie que Césaire cherche à répandre avec la Négritude.

Le terme “Négritude” a pour la première fois été utilisé en 1935 par Aimé Césaire, dans la troisième parution de L’Etudiant Noir, un magazine conçu par “les trois pères”, mais aussi grace à Gilbert Gratiant, Leonard Sainville et Paulette Nardal. Bien qu’ils aient chacun d’entre eux une conception différente de la Négritude, ce mouvement s’est caracterisé par son opposition au colonialisme, à la dénonciation du manque d’humanisme de l’Europe et au rejet de l’idéologie occidentale, tout en prônant, bien sûr, la fierté d’être noir. Ils furent également partisans de l’idéologie marxiste. C’est de cette base qu’ils créèrent un style d’écriture réaliste, propre à eux-mêmes. Aimé Césaire par exemple fut le premier à utiliser le mot « nègre » d’une façon positive dans ses textes.

Cependant, jamais ils n’ont souhaité une indépendance de la France. Aimé Césaire fut même élu maire de la capitale de la Martinique, Fort-de-France, ainsi que réprésentant de la Martinique au Parlement francais. Selon Senghor, la Négritude demande simplement des droits égaux pour tous, ici en l’occurrence en France.

Poète et même plus tard élu en tant que président du Sénégal, Senghor a utilisé la Négritude afin de valoriser l’image du peuple africain. Cette interprétation de la Négritude est devenue de plus en plus commune au fur et à mesure des années.