Jasmine Murrell artiste Americaine d’origine caribéenne, nous livre ici ses inspirations et son vécu comme artiste peintre. Elle sera exposée fin 2012 en Belgique, après de nombreuses expositions aux États-Unis et dans les iles caribéennes.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre carrière artistique ?

Une grande partie  de mon travail est un enchevêtrement de mes expériences dans le Sud ou à l’étranger, en ajoutant mes premières  expériences dans l’entreprise de construction de mon père  sur Joy Road à Détroit.

Mes parents étaient des personnes très créatives et ils ont fabriqués  pratiquement la totalité des choses que nous possédions. Ma mère fabriquait mes vêtements, mes jouets et même nos  chaussures. Elle a été la première à m’ouvrir à d’autres cultures et à l’idée de beauté, comme le Wabi Sabi japonais. On trouvait partout dans la maison des morceaux de métal rouillé, du bois … Mon père, en revanche était éducateur, mais sa passion était de recycler de vieilles voitures et de les remonter. Il le faisait de la manière la plus créative qu’il soit ! Il cherchait à combiner deux voitures ensemble ou encore à transformer un bus scolaire en mobile home.

Ils m’ont tous deux encouragé à faire ce qui me rendait heureuse, mais je dois avouer qu’ils n’étaient pas forcément enthousiastes à l’idée de me voir intégrer une école d’art. Basée à Brooklyn , j’ai reçu mon BFA en beaux-arts à la  Parsons School of Design et je suis à présent inscrite en maîtrise au Hunter College.

J’ai  exposé pendant une dizaine d’années aussi bien aux USA qu’à l’international. On a pu trouver mes œuvres au Detroit African American Museum, au Charles H. Wright Museum of African American History of Detroit ou encore aux biennales de Toronto et enfin à la Presto Gallery à Salvador au Brésil. Mes œuvres ont également été exposées à la galerie ART RUSH , centre culturel des Caraïbes.

UNTOUBABLE Jasmine murell

UNTOUBABLE Jasmine murell

Comment définiriez vous votre travail, et quels sont vos inspirations, vos sujets favoris ?

Je travaille souvent par des séries thématiques qui examinent principalement des idéologies trouvées dans la culture. Mon esthétique est attirée par une sensibilité grotesque mais belle, comme quand je trouve la brillance et l’énergie dans des objets qui évoquent l’histoire ou la mémoire. J’engage le spectateur à être témoin  et à changer de perspective dans la façon dont nous nous percevons nous même et dans nos rapports les uns avec les autres.

De cette manière je m’efforce de faire découvrir à mon public une autre forme  d’expression, à guérir de vieilles blessures, à remettre en question les institutions et les traditions, mais également à invoquer de nouveaux concepts de mon travail.

Certains de mes sujets de prédilection sont la maison, la beauté, l’inconscient collectif et les phénomènes. Je suis inspirée par les récits historiques de l’oppressions et du colonialisme, en sachant qu’ils sont des forces conquérantes lorsqu’ils luttent contre l’adaptabilité sans limite de l’être humain.

Vous êtes née à Détroit mais êtes originaire d’Antigua. Vous revendiquez vous  pourtant comme une artiste caribéenne ?

Ma mère a été adoptée par un riche Jamaïcain qui est mon grand père. Ma grand-mère biologique était originaire d’Antigua. Mais d’une certaine manière, j’ai toujours ressenti une connexion avec la Jamaïque. Je  suis dans un processus de recherche de ma famille à Antigua. Je me proclame donc comme une femme du monde principalement.

1feet2last jasmine Murell

1feet2last jasmine Murell

Vous vivez à New York et travaillez à Brooklyn. Que pensez-vous de la place de l’art caribéen à NY ?

Je vis à Brooklyn avec mon mari qui est lui aussi d’origine caribéenne et nous sommes mutuellement inspirés par la façon dont notre peuple se réinvente pour surmonter les obstacles. Ma grand mère disait toujours que nous devons nous battre pour vivre tous les jours et je pense que nous l’oublions parfois, nous vivons toujours dans l’illusion du « rêve Américain ».

Certaines des plus grandes expositions d’art étaient d’artistes caribéens et je suis fière d’en être héritière.

Quels sont vos prochaines expositions, collections, vos futurs projets ?

Mes prochaines expositions sont une vente aux enchères le 15 mars 2012 avec la Rush Arts Gallery au Kentler International Drawing Space ; et Machine en Belgique fin 2012 prochain.