Pouvez-vous nous parler de votre parcours artistique ?

Je suis une artiste conceptuelle et visuelle qui s’exprime à travers la sculpture, les installations, la photographie, les médias numériques, la vidéo, le dessin, la lumière et le son.

Je suis née à Trinidad & Tobago et ai grandi entre les États-Unis et Trinidad. Actuellement, je vis et travaille dans le nord du New Jersey à proximité de New York.

J’ai participé à plus de 100 expositions à l’échelle internationale, j’ai également exposé dans des lieux tels que Exit Art, le Jersey City Museum, le Brooklyn Museum of Art, le Noyes Museum, ou encore Aljira.

© Asha Ganpat - Vendor - Mixed Media, 2004, Variable Dimensions

© Asha Ganpat – Vendor – Mixed Media, 2004, Variable Dimensions

Comment définissez-vous votre travail, et quels sont vos thèmes de prédilection ?

Mon travail explore le conditionnement socio-culturel de mon public. Je crée des scénarios dans le but d’inciter des réactions physiques. Ces réactions physiques peuvent être étudiées pour apprendre à partir des préjugés et des hypothèses relatives à notre socialisation.

Mon sujet, au-delà de la réponse du spectateur, est souvent de nature religieuse. Parce que je crée principalement pour le nord-est des États-Unis, je me suis concentrée sur la religion, préoccupation de tant de personnes aux États-Unis. Je joue avec le dogme, les règles et les rituels mis en place au fil de temps par ces gens en charge de l’esprit de tant d’autres.

Mon inspiration vient des expériences de mon enfance. Je ne le remarque pas toujours au premier abord, mais parfois dans lorsque je parviens aux stades les plus avancés de mes oeuvres, je peux voir des connexions entre celles-ci et des célébrations comme Diwali, la pâques, la jour des morts, Halloween, les célébrations du solstice… Toutes ces événements du calendrier étaient au premier plan de mes premières années.

Vous êtes née à Trinidad, vous revendiquez-vous comme une artiste caribéenne ?

Je n’ai pas besoin de me revendiquer comme une artiste des Caraïbes. La réalité de ma naissance, ma citoyenneté, et la connexion à mon pays d’origine ne cessent de se voir dans mon travail.

Comme je considère mon public comme faisant partie intégrante de mon travail, et parce que là où je vis mon public est essentiellement nord-américain, il est parfois difficile de surmonter les différences culturelles et je trouve que je dois choisir pour qui je crée mes oeuvres. Par rapport à mon histoire personnelle, je suis une artiste du New Jersey, une artiste de New York, et une artiste de Trinidad.

Vous vivez et travaillez dans le New Jersey, comment l’art Caribéen est-il représenté ici ?

Les arts des Caraïbes sont fortement représentés dans le New Jersey et de New York par moi-même et de nombreux autres artistes. J’ai eu la chance de participer à plusieurs expositions sur le thème des Caraïbes au cours de ces dernières années.

Vous avez co-fondé la Red Saw Gallery à Newark en 2005, pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet ?

Deux mois après avoir terminé mon MFA, j’ai déplacé mon atelier à Newark, NJ. J’ai rejoint trois autres personnes pour fonder une galerie que nous avons plutôt géré comme une association à but non lucratif. Newark semblait être le bon endroit au bon moment. Nous avons rendu la galerie accessible aussi bien à tous les jeunes artistes qu’aux amateurs d’art. Gérer cette galerie a solidifié ma vocation de commissaire d’exposition. Je les organise parce que je veux voir plus de l’art que j’adore de part le monde, je veux soutenir ces artistes. Après 3 ans, les choses ont commencé à stagner et j’ai fermé la Red Saw Gallery pour avoir plus de temps à consacrer à mon activité de commissaire indépendante.

Pouvez-vous nous parler de votre actualité ? De vos projets ?

J’ai plusieurs projets en cours. Au Shore Institute for Contemporary Arts (SICA), trois de mes oeuvres seront présentées dans une exposition collective intitulée OCD. Il s’agit de mes œuvres Buy and Save, The Marys et Spells Against Strangers.

Avec Buy and Save, j’invite le spectateur à devenir un gourmand pécheur et me sauver de la damnation éternelle en mangeant des bonbons infusés dans mes propres mauvaises actions. The Marys est composé de 1000 moulages en plâtre d’une lampe veilleuse représentant la Vierge Marie. Je tente le spectateur à commettre une hérésie pour découvrir si dans une de ces sculptures se trouve un diamant caché à l’intérieur. 

© Asha Ganpat - The Marys - 1000 plaster casts, single diamond, 2005

© Asha Ganpat – The Marys – 1000 plaster casts, single diamond, 2005

 
Spells Against Strangers explore la peur du vaudou chez ceux qui pratiquent des croyances complètement différentes. Je me suis procuré des cheveux d’inconnus, tombés sur leurs épaules, leurs sacs ou même sur les appuie-têtes de sièges dans les transports en commun. J’ai ensuite créé de monstrueux sortilèges contre eux et les présente sous forme d’autels.

Mon projet le plus récent est un travail de collage numérique interactif. Lors de la création de ces œuvres, je pense à l’interaction du public et ai pour but d’articuler mon imagerie sur de solides combinaisons. Le médium peut être considéré comme du dessin ou collage digital interactif. Les collages sont composés d’images choisies parmi plus de 25 000 visuels issus de collections libres de droit et du domaine publique. Ils sont conçus de manière simple pour éviter d’y ajouter des instructions. Ils peuvent être consultés sur n’importe quel écran tactile Android, tablettes, téléphones etc. Ils sont plus appréciables sur des tablettes plein écran, encadrés et fixés sur un mur.

En voici quelques exemples :

Mouth est une composition encadrée représentant un tunnel de bouches ouvertes. Quand le spectateur clique au centre, les bouches se rapprochent et avalent le spectateur.
Spit représente un chérubin renversé sur le dos. Chaque fois que le spectateur touche sa bouche, un pissenlit se dégage de ses lèvres et flotte lentement.
Little Girl  est une composition encadrée où le spectateur peut faire glisser son doigt le long du visage du personnage pour révéler un dessin anatomique d’une musculature.
Orbit représente un mur arrondi avec vue sur le ciel. Le spectateur peut faire tourner le ciel entre le jour et la nuit.
Sinkhole représente une maison de campagne qui tombe dans un gouffre chaque que le spectateur la touche.
 
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