Caroline Sardine, appelée Booops, est une artiste originaire de St Vincent. Elle a voyagé autour du monde, faisant découvrir son art basé sur une inspiration locale et créé à partir de matériaux peu conventionnels. Dans cet entretien, elle nous parle un peu plus de son processus plastique…

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre carrière artistique ?

À 16 ans, j’ai décidé de poursuivre des études d’arts et 18 ans plus tard je suis toujours en train d’essayer de rassembler le courage d’enfin m’établir moi, mon art et mon moi artistique…

Quelle est votre approche plastique ?

Mon art est toujours un processus. Je continue à collectionner et rassembler des objets, c’est une continuité d’objets trouvés, des images, des mots et une iconographie personnelle. La plupart de mes pièces présente un élément tridimensionnel.

Je m’inspire de la vie, de la vie autour de moi, mon environnement où que je sois- ça peut aller de chaises en plastique vert à des marionnettes politiques, et tout entre les deux…

Caroline boops

Caroline boops

Vous venez de St Vincent. Vous revendiquez-vous comme artiste caribéenne ?

Oui je m’identifie plus comme venant de la Caraïbes que de St Vincent. La culture, la musique, la tradition et le folklore caribéens font partie d’un contexte plus large. L’héritage de St Vincent est très important pour moi mais je ne me limite pas à lui – je suis en relation avec le cadre plus large des rythmes et rituels de la région caribéenne toute entière.  J’ai été une « bleue »- nouvelle dans le monde de l’art- quand je suis allée à la Barbade et là j’ai eu une rencontre à couper le souffle avec l’art ! Je n’avais jamais été en contact avec l’art avant, les arts matériels étaient nouveaux pour moi et me stimulaient – j’étais excitée par la peinture acrylique, mes couleurs étaient éclatantes, pures et plastiques, mon travail était plat, joyeux, expressif… Il avait une « voix »…

Deux ans plus tard, je suis allée en Jamaïque, l’art explosait dans toutes ses formes et couleurs ! Mon approche allait en profondeur. J’explorais et expérimentais avec le rassemblement, le collage, l’assemblage, créant mon style personnel en utilisant des matériaux peu conventionnels.

Caroline Sardine

Caroline Sardine

 

Vous avez étudié à la Barbade, en Jamaïque et à Londres où vous avez vécu pendant quelques années avant de rentrer à St Vincent. Comment l’art caribéen est-il représenté dans ces divers lieux, quelles différences avez-vous ressenti ?

Les quatre années que j’ai passé à Londres ont été foncièrement différentes du reste de ma carrière : vibrations différentes, énergie différente, imaginaire différent- l’art était partout mais c’était difficile pour moi de m’y connecter et d’y trouver de l’inspiration. L’art caribéen était très rare. En tant qu’artiste, je me sentais surexposée, étant une artiste caribéenne à Londres, mais j’étais très productive. Je fonctionnais selon le mode de « l’art urgent », je recréais la « maison » (mon pays) dans les assemblages, installations et dans la peinture. Je me sentais très déconnectée d’avec la scène artistique britannique, mais ça ne m’a pas empêché de travailler et de faire des expositions, j’ai même participé à un atelier d’artistes appelé « Cyfuniad », au pays de Galles. Mais je n’ai tout simplement pas pu trouver « ma place d’artiste » à Londres, je ne m’intégrais pas, mon art n’était pas à la mode.

Quels sont vos projets ?

Je suis à peine revenue des États-Unis et je suis rentrée à St Vincent, et maintenant je continue à créer un travail pour une exposition individuelle à venir.