La musique possède une grande importance au sein du patrimoine culturel des Îles des Caraïbes. En effet, elle fut autrefois utilisée comme un langage par les esclaves, qui ne pouvaient alors communiquer puisqu’ils provenaient pour la plupart d’ethnies différentes.

 

Excepté à Cuba, les esclaves n’avaient pas le droit de pratiquer la musique. Cependant celle-ci leur permettait d’exister, de s’identifier, tout en leur rappelant un sentiment de liberté. N’ayant donc pas de tambours, ils se servent d’instruments de fortune, notamment des planches et des callebasses. C’est ainsi que sont nés certaines danses, notamment la Calinda.

 

Finalement autorisée dans le courant du XVIIIe siècle, la musique caribéenne s’est grandement enrichie grâçe à de nouveaux instruments, tels que des grattoirs, des maracas, des baguettes, et bien sûr les fameux tambours. Cet musique est aujourd’hui à l’origine de la rumba, la bomba, le bèlè ainsi que le gwo-ka.

 

La musique européenne a eu également un rôle important dans le courant du XIXe siècle. En se mélangeant à la musique populaire caribéenne, nous avons vu découvrir de nouveaux styles musicaux (la valse creole, la mazurka creole, la biguine, la bachata, le mento, le calypso, le jibaro, le danzon, la merengue,…)

 

La biguine, originaire de Saint Pierre, connaît au XXe siècle un succès à l’échelle mondiale. Par la suite, de nouvelles dérivations de la biguine feront leur apparition. C’est ce qu’il s’est exactement passé pour le mambo, le cha-cha-cha et le pachanga à Cuba, le konpa direk à Haïti mais aussi pour le ska en Jamaïque. En effet, dans les années 1960 le ska a permis de donner naissance au rocksteady, et donc au reggae ainsi qu’à toutes ses variantes, comme le dub par exemple. Cette décénie est aussi liée à la création de la salsa, née à New-York grâçe à des musiciens cubains. Finalement, vers la fin du XXe siècle, de nouveaux styles ont émergé comme le ragga, le dancehall, la soca, le konpa, et bien sûr le zouk.

 

Aujourd’hui, la musique traditionnelle caribéenne n’est pas pour autant oubliée, car certains artistes y ont dédiés une grande partie de leurs oeuvres, notamment Guy Konket et David Murray qui ont fait évoluer le gwo-ka vers du jazz. Aujourd’hui l’art caribéen est complètement intégré dans le patrimoine culturel mondial.