Exposition collective, à l’automne 2013 à trois endroits différents

« Silence the Cry », une expression inventée par le Professeur Adelaida de Juan, reste l’une des plus justes pour décrire de manière métaphorique le trafic dont les artistes cubains de la deuxième moitié du vingtième siècle ont fait l’expérience. Juana Borrero, Amelia Pelaez, Lolo Soldevilla Concha Ferrant, Rita Longa, Antonia Eiriz sont emblématiques au sein d’un ensemble de propositions fondamental, à la fois d’un point de vue technique et thématique. Néanmoins la poussée, l’amplification du processus créatif induit par ces femmes a commencé à être pris en compte dans les transformations socioculturelles des années 1960, et a continué à se développer et à prendre de la puissance avec l’arrivée d’artistes diplômés du système éducatif consolidant l’œuvre artistique nationale et d’autres travaux créatifs venant d’anciennes scènes.

Vent Lesvia Dumois, Nelida Lopez, Isavel Gimeno, Zaida del Río, Flora Fong, Jacqueline Maggi, Ana Mendieta, Consuelo Castañeda, Lilian Cuenca, Magdalena Campos, Marta María Pérez, Ana Albertina Delgado, Alicia Leal, Hilda Vidal, Belkis Ayon, Sandra Ramos, Sandra Ceballos, Tania Bruguera, Dania Fleites, Magalys Reyes, Yasbel Perez Aziyadé Ruiz, Yamilys Brito, Jacqueline Brito, Cirenaica Moreira, Glenda Leon, Elsa Mora, Rocio Garcia, Aimee Garcia, sont des figures représentatives de cette transition, qui ont réussi à conquérir délicatement et à partir de positions méthodologiques et esthétiques différentes, un espace de reconnaissance dans la mémoire collective.

Il suffit d’une revue des multiples développements qui ont émergé à l’Escuela Nacional de Arte (ENA) et à l’Instituto Superior de Arte (ISA) de leur création jusqu’aux années 1990, pour voir à quel point les races ont été développées de manière prolifique par les artistes femmes au sein de la politique des réseaux institutionnels, bien que la plupart de leurs œuvres soient en lien avec un discours éminemment controversé et déstabilisant – plus enraciné encore dans les approches conceptuelles – en mobilisant des idées, plus que des paramètres ou des royalties hédoniques. Plusieurs de ces artistes ont même reçu d’excellentes critiques dans des foires et biennales importantes, dans des musées et galeries internationales, démontrant le niveau d’acceptation des voix féminines de l’île cubaine au-delà de ses frontières. Démontrant aussi la portée de sa poésie loin des discours conventionnels, et par-dessus tout la fonctionnalité de ses discours critiques sur l’imagination féminine.

Différentes circonstances ont servi de prétextes analytiques dans ce procédé évolutif du langage artistique féminin cubain : l’héritage culturel et historique, les préceptes et traditions religieuses, les contextes mythiques sociaux et idéologiques, les dilemmes éthiques et moraux, les sens de corrélation entre des expériences publiques et domestiques… A de nombreuses reprises les créatrices ont aussi eu recours à des ressources autoréférentielles qui ont eu pour résultat de nombreuses œuvres autobiographiques et un fort ton spirituel et intime, qui ont produit des alternatives exaltées… Elles ont fait face durant plusieurs années à des situations de préjudice et des mécanismes d’invisibilité dans un contexte social et culturel, où l’euphorie qui extériorisait parfois quelques inquiétudes et dilemmes de conscience féminine, ont mené aux années 1990, à l’existence d’un panorama assez fertile pour mettre en place des théories de genre qui ont fait l’objet de débats autour du monde, faisant bouger les choses, les femmes créatives sont devenues plus persistantes et ont donné leur consentement éclairé.

Bien que du fait de l’intensité et de leur propre exaltation, certains critiques et curateurs ont stimulé la pensée et les nuances du discours féminin, quelque chose d’inconcevable, qui montre toujours des dégâts dans certains scénarios de représentation et débat existe. Cependant, beaucoup de créateurs ont réussi à dépasser ce problème et se sont rassemblés en termes d’interprétations et d’allégories visuelles qui transcendent le statut sexuel, et sont restés vigilant à ce qu’aucun spécialiste n’essaie de les connoter à partir des angles rigides de genre. Le positionnement propre dans leurs contextes sociaux et culturels et traiter des problématiques concernant un homme dans le sens humain, la cosmogonie, a été la première étape pas pour neutraliser le conflit homme-femme, masculin féminin, le sexe fort- sexe faible…

Alors que la première décennie de ce siècle s’est achevée, il y a beaucoup de jeunes artistes, dont le parcours est toujours en développement, qui se sont taillées un espace important dans les programmes de nos galeries, de nos salles de classe et des bourses de création promues par les institutions cubaines et étrangères, ce qui corrobore l’opinion selon laquelle la production visuelle par des femmes grandit et se consolide. Nous n’avons jamais eu dans l’art cubain – et allons jusqu’à dire cela en Amérique Latine – des représentations féminines aussi clairvoyantes que celles d’aujourd’hui. Cela mériterait de citer les cas de Rasúa Grethel, Susana Delahante, Marianela Orozco, Danay Vigoa, Camila Garcia, Nadia Garcia Lisette Solorzano, Paola Martinez, Evelyng Aguilar, Claudia Mari Garcia, Elizabeth Cervino, Adislén Reyes, Adriana Arronte Yaniesky Bernal, ou Khadis of la Rosa, des artistes marquant des lignes directrices au sein de la production féminine à Cuba, avec un intérêt défini pour les nouvelles conceptions esthétiques et les problématiques générationnelles.

Ces dernières ne subissent pas de rupture créative totale avec leur background immédiat, cependant, elles persistent dans les dynamiques de travail et d’échange collectifs avec le public encouragées principalement pendant les années 1980, et toujours par des performances en faveur de l’équité artistique. En cela l’influence d’Ana Mendieta a été vitale – presque mythique – et le développement ces dernières années du Department of Arts of Conduct coordonné par Tania Bruguera l’est aussi. C’est au sein de cette nouvelle vague d’artistes que s’inscrit Female Contemporary Art from Cuba: Feminine voices and poetics, 1990-2013. Dans ces nouveaux contingents de production symbolique il y a un intérêt pour achever des stratégies créatives qui sont des perceptions et des interprétations articulées engendrées par l’enchevêtrement des genres (Celia & Junior, Luidmila & Nelson).

Cela marque aussi la présence des femmes dans l’exercice du design graphique, notamment dans l’art du poster, un domaine qui est traditionnellement représenté par les hommes. C’est sur ce support que s’expriment Llopiz Laura, Idania River, Giselle Monsoon, Miyares Michelle Hollands, Lili Diaz. Cela a influencé la consolidation de projets éducatifs durables de l’Institute Advanced Industrial Design (ISDI) et son impact dans le contexte de l’art visuel contemporain. Sur la base de ces distinctions se développe un projet curatorial qui sera présenté dans la galerie Cara and Cabezas Contemporary, à San Francisco, à l’initiative de son directeur Paulo Acosta Cabezas. Nous dédions cette exposition à la mémoire de l’artiste et amie Belkis Ayon, sans tenter d’être exhaustifs.

Directeur du projet : Paulo Acosta Cabezas

Curateur: David Mateo

Assistant Curateur: Yoanna Toledo

Textes: Paulo Acosta Cabezas et David Mateo-Yoanna Toledo

MamaArt Café, 4759 Mission St, San Francisco, USA.

Exposition à voir du 27 juillet au 3 septembre 2013.

San Francisco State College, 2815 Harrison Street, San Francisco, USA.

Exposition à voir du 4 septembre au 3 octobre 2013.

Cara and Cabezas Contemporary Gallery, San Francisco, USA.

Exposition à voir du 4 octobre au 10 novembre 2013.

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