Lisez l’interview de la directrice de la Bermuda National Gallery, Lisa Howie, à propos de cette institution et de la scène artistique de ce pays.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur les actions de la BNG et en particulier sur son rôle et ses projets en ce qui concerne l’art contemporain ?

Afin d’être culturellement importante la Bermuda National Gallery expose des œuvres d’art des collections permanentes, qui représentent l’héritage varié de l’Ile : la Collection Européenne avec une assise historique ; une Collection Africaine traditionnelle ; et une Collection Bermudienne en évolution ; et bien d’autres. Tandis que ces collections nous rendent unique sur la scène de l’île, nous donnons aussi le ton avec des expositions locales et internationales. Une exposition marquante pour nous a été la Biennale des Bermudes, dont le jury était composé de curateurs et/ou d’artistes internationaux réputés. Cette exposition a généré un dialogue stimulant sur l’art contemporain dans les Bermudes dans la mesure où elle a encouragé la prise de risque et les innovations.

De quelle manière la BNG, en tant que galerie nationale, peut-elle soutenir et promouvoir le travail d’artistes contemporains bermudiens à la fois dans les Bermudes et à l’étranger ?

En plus de la Biennale des Bermudes, nous présentons une série d’expositions sous-titrée Contemporary Conversations. Cette série expose les œuvres d’artistes en milieu de carrière et sert, nous pensons, à encourager ces artistes à articuler leurs intentions, tout en suscitant un discours critique sur les significations de leur œuvre.

James Cooper, Movement Experiment #1, 2009, featured in James Cooper: Contemporary Conversation at the BNG East in St. St. George's © James Cooper

James Cooper, Movement Experiment #1, 2009, featured in James Cooper: Contemporary Conversation at the BNG East in St. St. George’s © James Cooper

J’aimerais que les Bermudes aient une place dans la scène internationale des Biennales, particulièrement à la Biennale Liverpool parce que nous sommes connectés historiquement à travers la Diaspora africaine. De plus, les partenariats avec la Caraïbe sont également importants. Voir que les Bahamas sont présents dans l’édition 2013 de la Biennale de Venise est très motivant.

Quels sont les défis à relever pour cette période ?

Depuis 2008, la Bermuda National Gallery connaît un déclin sévère dans le financement donné par les entreprises pour des expositions. Le soutien du Gouvernement représente moins de 10% de notre budget, ce qui place une grande part du soutien financier sur les épaules de la communauté. Faire « plus avec moins » a été notre mode opératoire ces dernières années, cependant, nous continuons à encourager de nouveaux axes de supports, en particulier parce que l’économie commence à se redresser.

Dans quelle mesure le travail mené par d’autres galeries ou espaces artistiques dans la région caribéenne influence-t-il celui de la BNG ?

Nous restons au courant de ce qui se passe au niveau des artistes et des expositions qui semblent les plus pertinents pour nous, et nous suivons certains musées qui sont à la pointe du dialogue contemporain. Voyager est important pour rencontrer les directeurs des musées et des galeries et des curateurs, ainsi que pour faire l’expérience d’expositions exceptionnelles. Dans le contexte d’un musée, je vois tellement de façons créatives de faire l’expérience de l’œuvre tout en établissant des liens de ma façon intelligente avec les gens. Un travail excellent est réalisé dans la zone caribéenne pour créer des engagements profonds avec l’art, et nous essayons de rapporter chez nous ces idées de quelque façon que ce soit.

Comment décrieriez-vous la scène artistique actuelle dans les Bermudes ?

Active. Collaborative. Inspirée. Les artistes travaillent ensemble pour former des collectifs, et plus encore pour travailler sur des expositions collectives. A St George, par exemple, un artiste a initié un évènement communautaire biannuel pour rassembler des artistes, des artisans, des musiciens, des performeurs et des poètes dub. Des magazines en ligne ont été créés et des galeries en ligne se forment. Je pense que c’est un moment spécial pour l’art dans les Bermudes.

Bharat Choudhary, from The Silence of 'Others' photo-story, 2011, from The Alexia Foundation, featured in The Eyes on the World exhibition currently on display at the Bermuda National Gallery © Bharat Choudhary

Bharat Choudhary, from The Silence of ‘Others’ photo-story, 2011, from The Alexia Foundation, featured in The Eyes on the World exhibition currently on display at the Bermuda National Gallery © Bharat Choudhary

Quels sont vos prochains projets et/ou expositions ?

En septembre nous ferons le lancement de la première publication de la BNG sur ses collections intitulée Bermuda: An Introduction, avec Scala Art & Heritage Publishers. Ce livre met l’accent sur des œuvres sélectionnées dans les collections et sera une ressource importante pour les écoles, et j’espère, que les visiteurs le conserveront comme un beau souvenir.

Nous avons récemment ouvert une filiale à St Georges, appelée BNG East, qui se trouve dans une propriété du XVIIe siècle de la Bermuda National Trust. La première exposition est James Cooper: Contemporary Conversation. Les œuvres de Cooper accompagnent merveilleusement l’architecture du bâtiment et l’atmosphère historique générale de la ville. Cette exposition se tiendra jusqu’en novembre.

A Hamilton, au City Hall & Arts Centre, nous continuons de présenter Eyes on the World, une exposition de photojournalisme et de films montrant les problématiques locales et globales, en partenariat avec l’Alexia Foundation. L’intérêt porté à cette exposition a conduit à son prolongement qui contiendra de nouvelles œuvres introduites en septembre.

Est également exposé Meredith Andrews: Portraits of Power, une série d’images de grand format qui montre des familles avec des femmes à leur tête dans leur foyer. Andrews est en train de réaliser une série de figures paternelles et l’exposition ouvrira en septembre également.

Par Clelia Coussonnet

Juillet 2013

Crédits photographie à la une Lisa Howie © Lisa Howie