Exposition individuelle, jusqu’au 11 mai 2013

Pour cette exposition individuelle Remy Jungerman (Suriname) présente ses récents travaux consistant en une série d’installations murales qui peuvent être perçues comme des retables. Le travail récent de Jungerman est intrinsèquement lié aux traditions africaines et à la tradition artistique moderniste occidentale, qui symbolise sa relation personnelle avec le pays dans lequel il est né (Moengo, Suriname) et le pays dans lequel il a travaillé et vécu ces quelques vingt dernières années. Il a montré une forte fascination pour l’esthétique et les valeurs sous-jacentes de la religion africaine et des éléments rituels de la culture traditionnelle Maroon au Suriname et dans sa diaspora. En parallèle il est aussi fasciné par les traditions artistiques et par les formes de communications contemporaines occidentales. Ainsi, une partie de son œuvre se concentre sur la citoyenneté mondiale, les problématiques « glocales» et les effets de la mondialisation sur la société actuelle. Voyager autour du monde a contribué à développer son œuvre : quelques-uns de ses thèmes sont transnationaux, d’appartenance et sont liés à la manière dont le savoir se diffuse entre les cultures.

Remy Jungerman, Apuku Return, view of the installation, 2011 © C&H Artspace

Remy Jungerman, Apuku Return, view of the installation, 2011 © C&H Artspace

La principale caractéristique des quinze retables qui seront présentés pendant cette exposition individuelle est les motifs géométriques qui forment une relation ambigüe entre le temps et l’espace. Pour Jungerman, utiliser ces motifs est une référence importante à la fois au modernisme et au tissus traditionnels surinamiens, qui devient une référence significative dans les fondations de son héritage. Jungerman l’a formulé ainsi dans une interview récente avec le forum d’art caribéen contemporain Uprising Art : « les quadrillages sont connectés avec le tissu que les personnes portent pendant les rituels ancestraux dans le Suriname d’aujourd’hui. Au début du 20e siècle, les maroons au Suriname fabriquaient des capes en patchworks avec des formes géométriques strictes. Une publicité dans le New York Times de 1996 dit « Si on ne vous avez pas dit que cela venait de la forêt du Suriname, vous auriez pensé que c’était de l’art moderne ». (Richard et Sally Price). A cette époque le modernisme se développait en Europe notamment « de Stijl» aux Pays-Bas avec Mondrian, Theo van Doesburg et autres. »

Remy Jungerman utilise différents matériaux et objets pour créer des collages et des installations. Pendant sa dernière période il a développé son travail vers l’utilisation d’éléments multimédias. Il réarrange et combine des éléments et des objets dans différents contextes pour discuter de leur rôle et de leur signification dans la société occidentale et pour faire le lien avec différentes interprétations.

Un livre avec une introduction du critique d’art Rob Perrèe sera présenté le 11 mai par C&H Artspace pour accompagner cette exposition individuelle.

C&H Artspace, 2de Kostverlorenkade 50, Amsterdam, Hollande.

Exposition à voir du mardi au samedi, entre 11h et 18h, du 30 mars au 11 mai 2013.

Crédits photographie à la une : Invitation © C&H Artspace