Reportage spécial – Biennale de La Habana, mai-juin 2012.

Programmation collatérale. Pavillon comportant expositions individuelles & collectives, jusqu’au 11 juin 2012.

Carlos Quintana avec Reparto Flores vol.2 nous invite dans un univers chaotique, fou, coloré, onirique et unique. Il s’agit du monde d’un « artiste élusif, broussailleux, avec une œuvre d’évasives évocations […] un artiste énigmatique et mystérieux comme son propre travail » affirme Rubén del Valle Lantaron, directeur du CNAP (Conseil National d’Arts Plastiques) – voir la photographie à la une.

 

José Manuel Fors a essayé un nouveau type d’installation avec Pormenores. Changeant de ses constructions photographiques « organisées » (voir œuvre exposée à HB), l’artiste a choisi de lancer au hasard – dans un cadre défini, et c’est cette absurdité même qui est la clé de tension de l’œuvre – des photographies aléatoires. Espacée sur les bords, la concentration de photographies devient très importante au centre du rectangle où elles ont été placées.

José Manuel Fors, Pormenores, 2012 © Uprising Art

José Manuel Fors, Pormenores, 2012 © Uprising Art

ADN de Jorge Luis Santos est une installation originale de caissons lumineux encadrant ses peintures abstraites, caractérisées par la présence de chiffres ou formules mathématiques. Le sol de l’alcôve est recouvert de copeaux et de sciure de bois conférant une atmosphère encore plus intime à la salle déjà éclairée par une lumière tamisée.

Jorge Luis Santos, ADN, 2012 © Uprising Art

Jorge Luis Santos, ADN, 2012 © Uprising Art

Sin Torres ni Abedules marque une nouvelle étape dans la carrière de Cirenaica Moreira, plus connue pour son travail de photographe. Cette série de sculptures est une exploration de nouvelles matières (verre, tissu, bois) mais reste centré sur la figure de la femme, immobile, comme dans l’attente.

Cirenaica Moreira, Sin Torres ni Abedules, 2012 © Uprising Art

Cirenaica Moreira, Sin Torres ni Abedules, 2012 © Uprising Art

Tamara Campos avec La Marea propose une réflexion sur l’économie et ses fluctuations. Elle a constitué une vague de plus de 700 billets de monnaies internationales imprimées sur bois et installés comme une courbe de tendance, montant, stagnant ou chutant littéralement jusqu’au sol. Le pouvoir symbolique de l’argent, ici réduit à un gros billet de bois, est détourné et permet d’interroger sa place dans la société et la prépondérance qu’il a pu prendre sur l’humain et les valeurs sociales. 

Tamara Campo, La Marea © Uprising Art

Tamara Campo, La Marea © Uprising Art

Le photographe René Peña s’éloigne du sujet humain et expose une série centrée sur les objets, qu’il capture comme des natures mortes. Ciseau, peigne, sachet plastique ou encore os d’animal, ces objets représentent « l’incontrôlable voracité de l’individu contemporain » et dégagent l’essence même de la société. Peña a dénommé ces artefacts des éléments esthétiques, jouant avec les stéréotypes sur la beauté.

René Peña, Vue des photographies Beauty Things, 2012 © Uprising Art

René Peña, Vue des photographies Beauty Things, 2012 © Uprising Art

L’artiste Ernesto Rancaño propose La Mitad de Mi Vida. Dans une pièce remplie de miroirs, une audacieuse division d’objets de la vie courante compose un nouvel espace de vie original. Table de chevet, lit, bicyclette, téléphone ont été coupés en deux et se reflètent dans ces miroirs. Vie « tranchée en deux », contradictions, hésitations, le miroir nous renvoie à notre propre histoire et à nos hésitations et plus particulièrement à cet instant dans la vie où l’on se situe au bord entre deux périodes de sa vie, où l’on regarde le passé et où on peut ensuite continuer à avancer.

Ernesto Rancaño, Vue de l’installation La mitad de mi vida, 2012 © Uprising Art

Ernesto Rancaño, Vue de l’installation La mitad de mi vida, 2012 © Uprising Art

 

Complexo Morro-Cabaña, La Havane, Cuba.

Exposition à voir tous les jours, de 10 à 17h, du 11 mai au 11 juin 2012.

 

Crédits Photographie à la Une: Carlos Quintana © Uprising Art

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