Uprising Art est fier de partager avec vous la quatrième interview dédiée à BE.BOP 2013, ne initiative formidable que nous soutenons en tant que partenaire media, qui s’est tenue en mai dernier à Berlin en Allemagne.

Se concentrant sur l’héritage du mouvement du Black Power dans le contexte de la Guerre « Froide » d’une perspective du « Sud global », elle présentait plusieurs artistes contemporains caribéens – devenant par là le premier festival de performance Afropéen- et par extension le premier festival de performance de la Diaspora Caribéenne en Europe.

Voici une interview de Teresa María Díaz Nerio, une artiste qui a participé à BE.BOP pour la deuxième fois, avec une performance live et sa participation à la table ronde.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Teresa María Díaz Nerio, et je viens de la République Dominicaine. Cela fait onze ans que j’habite aux Pays-Bas, où j’ai étudié à la Gerrit Rietveld Academie à Amsterdam et j’ai ensuite obtenu un Master de Beaux-Arts au Dutch Art Institute à Enschede. Je fais de la performance et de la recherche.

Quels sont tes sujets de recherche actuels ?

Je fais normalement des recherches avant de faire une performance. La plupart du temps les deux sont totalement interconnectés : mes enquêtes mènent à des performances.

Je suis actuellement en train de faire des recherches sur la présentation- ou représentation – des femmes caribéennes dans le cinéma des années 1940 et 1950 dans la Caraïbe hispanique- Porto Rico, la République Dominicaine, Cuba et le Mexique. L’industrie cinématographique au Mexique était très puissante à ce moment-là, et, dans la République Dominicaine, nous n’avions pas beaucoup de films à cette période, ou même pas du tout, parce que nous étions en dictature et, d’un point de vue culturel, les productions cinématographiques étaient inexistantes, même si nous sommes le quatrième pays du continent à avoir eu la télévision. Je me concentre sur les représentations des femmes comme “Mamita” ou “Mulatita”, deux stéréotypes courants sur les femmes noires caribéennes. Je dirais même que je fais des recherches sur les ‘Blackmestizas’ (ndlr: Noires Métisses) : c’est la manière dont je les/nous nomme, et c’est ainsi que je me considère également, je suis une femme Noire et une Blackmestiza. Je ne veux pas tomber dans quelques mathématiques raciales que ce soit, comme l’académicien portoricain Jose Juan Rodriguez Vazquez rappelle ce que Korinman et Ronai désignaient comme « la tyrannie classificatrice » qu’est la racialisation-racisme, donc j’ai décidé de conceptualiser le terme “Blackmestizas” parce que nous sommes Noirs mais nous sommes métisses, et nous sommes métisses mais nous sommes aussi Noirs.

as-tu déjà réalisé une performance sur la déconstruction de ce stéréotype de “Mamita”/“Mulatita” ?

Oui, j’ai réalisé une performance que je viens de présenter à Glasgow, à Tramway, qui était curatée par Arika, une organisation basée à Edinburgh. L’évènement était intitulé « Freedom is a Constant Struggle». J’ai fait une conférence-performance qui était une déconstruction du film « Yambao », 1957, d’Alfredo B. Crevenna, une co-production mexicaine et cubaine.

Teresa María Díaz Nerio, 'Ni 'mamita' Ni 'mulatita'', Taken at Episode 4: Freedom is a Constant Struggle, Tramway, Glasgow, April 2013 © Alex Woodward/Arika 13

Teresa María Díaz Nerio, ‘Ni ‘mamita’ Ni ‘mulatita », Taken at Episode 4: Freedom is a Constant Struggle, Tramway, Glasgow, April 2013 © Alex Woodward/Arika 13

Le film porte sur le personnage de Yambao, une « mulata » que je décris comme un personnage dissident, marroon et farceur joué par Ninón Sevilla qui est une rumbera (une danseuse de rumba et une actrice)- une cubaine à la peau claire. Elle joue normalement une danseuse de rumba et souvent, dans d’autres films, elle joue une femme très pauvre qui finit par travailler comme prostituée et/ou qui danse au Cabaret. Cependant, et c’est ce qui est intéressant- même si elle joue ce genre de personnages, elle rend toujours justice à la négritude. A travers sa danse et son utilisation de la musique afro-cubaine et de la spiritualité afro-cubaine elle apporte ce que Fred Moten appelle « la socialité Noire » dans ses personnages et donc dans l’industrie cinématographique mexicaine. Ce n’est pas sans problèmes car souvent la négritude est placée hors du Mexique, cependant elle reste un moment très important de l’histoire pour la musique afro-cubaine et son internationalisation. Des rythmes comme le cha cha cha, la rumba, le mambo, etc., sont devenus connus grâce au cinéma mexicain. Beaucoup de musiciens cubains, la plupart noirs/afro-cubains ont joué dans le cinéma Rumbera de l’âge d’or du cinéma mexicain. J’inspecte ce film d’un point de vue soulignant les éléments où la perspective d’un blanc suprématiste et la personnification des corps caribéens prennent le pas. J’essaye de déconstruire le film d’une façon dé-coloniale.

Je parle aussi des visages noirs, du fait qu’il y a beaucoup de visages noirs dans le film qui ne sont pas de vrais visages noirs : ils sont joués par des personnes blanches ayant peint leur visage. C’est raciste. Pourquoi n’ont-ils pas engagé une femme noire pour jouer dans ce film ? La chose la plus étrange est que vous avez bien des femmes noires dans le film mais elles chantent pour la plupart ! Par conséquent, la voix noire et la musique afro-cubaine sont présentes mais pas le corps à la peau foncée qui est souvent caché et occupé par les personnifications à la peau claire de la négritude. Je traite de cette problématique complexe.

La conférence-performance incluait aussi une danse rumba que j’ai dédié à Ochun, la Déesse de l’Amour dans la tradition Santeria/cubaine et Yoruba/africaine.

Comment a-t-elle été reçue ?

C’était très beau et je pense que c’est la première performance que j’ai vraiment aimé faire. Il y avait un élément d’improvisation donné par le contexte de cet évènement qui comprenait plusieurs improvisations de jazz. Les participants incluaient le théoricien Fred Moten, les poètes Sonia Sanchez, NourbeSe Philip et Amiri Baraka, les improvisations de jazz de Daniel Carter, Wadada Leo Smith, Henry Grimes et l’artiste de performance Emma Hedditch parmi d’autres. Les improvisations de jazz m’ont libérée pour performer. Bien sûr, la performance n’est pas statique et incluait inévitablement des mouvements car j’allais danser, mais je me suis sentie soulagée par l’atmosphère ambiante.

Ce qui était intéressant est le fait que j’ai conceptualisé d’installer un écran au milieu de l’espace. Le public était des deux côtés de l’écran, avec la même image du film projetée sur les deux côtés. Je pensais à cet écran divisant les gens- comme la race le fait, alors j’ai dansé des deux côtés autour de l’écran, on ne pouvait pas toujours me voir, j’étais constamment en train de bouger et le public perdait le sentiment de qui j’étais. J’ai fait un parallèle entre screen (écran) et skin (peau).

Teresa María Díaz Nerio, 'Ni 'mamita' Ni 'mulatita'', Taken at Episode 4: Freedom is a Constant Struggle, Tramway, Glasgow, April 2013 © Alex Woodward/Arika 13

Teresa María Díaz Nerio, ‘Ni ‘mamita’ Ni ‘mulatita », Taken at Episode 4: Freedom is a Constant Struggle, Tramway, Glasgow, April 2013 © Alex Woodward/Arika 13

C’était hautement symbolique.

Oui. J’ai été mue vers une approche personnelle symbolique, le public ne voyait pas que je voulais aborder l’aspect screen-skin évoqué, mais ma performance, ma danse, ma parole tournaient autour de ce screen-skin. La musique, la musique rumba et afro-cubaine, m’ont aidée à me donner la liberté de danser.

Tu as participé à la première édition de Black Europe Body Politics. Peux-tu nous en dire plus sur ton engagement dans le projet ?

Je collabore avec Alanna Lockward depuis 2009. Elle m’a invitée à faire une performance ici, à Berlin, Hommage à Sara Bartman. Nous nous étions déjà parlées par e-mails et depuis ce moment nous n’avons cessé de collaborer.

Teresa María Díaz Nerio, Hommage à Sara Bartman, Berlin, May 2013 © Uprising Art

Teresa María Díaz Nerio, Hommage à Sara Bartman, Berlin, May 2013 © Uprising Art

Avant l’édition de BE.BOP de 2012, nous étions en discussion sur le sujet de la Décolonialité avec Alanna, Walter Mignolo et Rolando Vazquez. Le 14 février 2011- une très belle date, le Transnational Decolonial Institute est venu au monde. J’ai participé à l’écriture du programme d’esthétique dé-coloniale. La collaboration existe au sein de ce groupe depuis ce moment-là, et Alanna a eu cette idée magnifique. Elle m’a invitée l’année dernière et c’est comme ça que j’ai commencé à faire des recherches sur les stéréotypes “Mamita”/“Mulatita” des femmes caribéennes et de la diaspora. La partie sur la diaspora est toujours en cours pour le moment.

Cherches-tu à faire intervenir la diaspora dans tes actions performatives et, si oui, de quelle façon ?

Je le fais dans chaque chose. J’ai réalisé il y a un certain temps que je choisissais toujours des personnages historiques pour m’inspirer dans la conception de mes pièces. Et j’ai compris que les gens sur lesquels j’ai choisi de me concentrer sont des gens qui viennent du Sud Global, de pays qui ont été colonisés. Ils portent tous cette histoire de la négritude, de l’anti-impérialisme. Il y a ce fil conducteur dans toutes mes différentes œuvres où j’essaye de comprendre comment l’esprit colonisé travaille en réalité.

La diaspora est là bien sûr parce que j’ai vécu ici trop longtemps déjà ! C’est implicite dans mon travail. Le fait que j’ai choisi Sarah Baartman a à voir avec le fait que je vis aux Pays-Bas où je fais l’expérience de cette sorte d’incroyable racisme en tant que femme dominicaine. Ce racisme est tellement institutionnalisé… Il semble si faible… Mais en réalité il est répandu et violent.

Dans cette nouvelle œuvre sur les “Mamita”/“Mulatita”, j’étais en train de penser exactement à ces stéréotypes où on a soit un corps féminin noir hyper-sexualisé ou une sorte de servante fidèle. Il y a en fait un livre appelé Clinging to Mammy: The Faithful Slave in Twentieth-Century America de Micky McElya et j’ai pensé que c’était une très bonne description. C’est la façon dont ils décrivent la femme noire. Ce qui est triste c’est que beaucoup de femmes aient internalisé ces stéréotypes et les utilisent dans leur vie quotidienne.

Elles jouent des personnages ?

Oui. Vous êtes bombardé de ce cliché tout le temps et puis vous pensez « oui, les femmes caribéennes sont vraiment sexuelles ou pas sexuelles du tout, elles sont grosses et cuisinent tout le temps et adorent les enfants blancs ». Ces stéréotypes sont tellement extrêmes.

Il s’agit de ce que le groupe décolonial modernité/colonialité a conceptualisé en tant que « colonialité de l’être » et cela porte aussi, me semble-t-il, sur la « colonialité de la connaissance » en fait… Ils colonisent tout votre corps : il ne vous appartient plus. Il devient une image ils peuvent faire ce qu’ils veulent avec et vous suivez. Les gens, qui d’une manière ou d’une autre n’ont pas l’opportunité de faire une pause et de regarder les choses et regarder leur être en étant eux-mêmes performent juste ces stéréotypes que la société entière vous dicte.

C’est problématique et c’est pourquoi je fais des recherches sur le cinéma des années 1940 et 1950. C’est important de retracer cette histoire- liée au colonialisme- et de montrer où cette image est créé et quand, et comment, elle est présentée aujourd’hui dans la vie réelle.

Comment les femmes peuvent-elles se libérer de ces stéréotypes de genre ? Essayes-tu de les aider, de provoquer une réaction en elles, avec tes performances ?

Je me libère et me décolonise moi-même. Bien sûr, j’espère qu’à travers ma propre décolonisation d’autres soient inspirées.

Les gens doivent prendre leur propre futur en main. Nous ne sommes pas ce que les autres essayent de dire que nous sommes. L’être humain peut être si digne. Alors, pourquoi devrait-on laisser quelqu’un nous opprimer ? C’est pourquoi nous devons dévoiler la matrice du pouvoir colonial et ce qu’elle fait. Le problème est aussi que les Européens blancs pensent qu’ils ne sont pas colonisés. Mais en fait ils sont peut-être plus colonisés parce qu’ils pensent qu’ils sont dans une position de supériorité. Comme Walter le dit choisir la décolonialité est une option… Donc je montre juste une image qui selon moi déconstruit la sexualité et les rôles de genre.

Et c’est aussi la raison pour laquelle tu analyses ces histoires cachées ?

Oui, il est important de parler de ces histoires, de parler de Sarah Baartman par exemple, mais pas seulement d’elle, de parler du corps noir en général. J’utilise son exemple parce que ce qui lui est arrivé était tellement extrême… Son histoire est obscure. C’est terrible la façon dont les scientifiques et la rhétorique scientifique ont utilisé son corps pour prétendre que les blancs étaient les meilleurs et étaient supérieurs.

Teresa María Díaz Nerio, Hommage à Sara Bartman, 2007 © Teresa María Díaz Nerio / Art Labour Archives

Teresa María Díaz Nerio, Hommage à Sara Bartman, 2007 © Teresa María Díaz Nerio / Art Labour Archives

En général, aussi longtemps que les gens continueront de revendiquer la modernité, ils continueront d’être colonisés. La modernité est e colonialisme.

As-tu remarqué des réactions différentes quand tu fais des performances dans la Caraïbe à l’instar de l’Europe ?

Je n’ai jamais fait de performances dans la République Dominicaine ou dans les Caraïbes en réalité… J’étudie ici et ai voyagé très peu dans ma région. Je n’ai pas été invitée à réaliser des performances là-bas. Alanna voulait curater une exposition dans la région mais cela n’a pas marché. La plupart du temps je fais des performances en Europe et j’en ai fait une à l’Université Vanderbilt à Nashville aux Etats-Unis.

Ressens-tu le besoin de faire une performance là-bas ?

Bien sûr ! J’aimerais beaucoup ! Beaucoup!

Faire des performances à Cuba, à Porto Rico, au Mexique… Partout ! C’est une question d’organisation et il faut étendre son réseau.

Es-tu frustrée de faire des performances uniquement dans un contexte européen ?

Pas du tout. La plupart du temps, je me sens oppressée par le fait d’être ici mais par la suite je me sens vraiment libre. Je ne suis pas attachée à l’endroit et cela me donne une liberté incroyable que je n’ai pas en République Dominicaine parce que lorsque je suis là-bas je ne peux pas me détacher de quelque chose qui est si proche de mon corps et de ma peau. C’est plus complexe d’être libre de créer dans son propre contexte.

As-tu reçu quelques réactions violentes à ce que tu fais ou as-tu fait l’expérience d’un déni dans ce que tu dénonces ?

L’autre jour j’ai trouvé ça étrange que malgré le fait que ma performance Hommage à Sara Bartman ait reçu une bonne critique en Europe, je ne me souvienne pas d’avoir lu quelque chose dessus aux Pays-Bas… ! Ils ne mentionnent pas mes recherches ni mon nom. Si j’étais une femme ou un homme blanc néerlandais, je pense qu’ils auraient écrit quelque chose sur moi… Mais pourquoi pas ? Pourquoi ne veulent-ils pas me mettre sur le devant de la scène ? C’est parce que je parle de la race. Et comme l’a expliqué Artwell Cain aux Pays-Bas ils ne veulent même pas utiliser le mot race… La race n’existe pas pour eux alors pourquoi y-aurait-il du racisme ?

En tant qu’artiste, j’évolue aussi plus dans la scène underground. Je ne cherche pas la reconnaissance des grandes institutions. Cela ne m’affecte pas, ce qui m’importe sont les gens et la communauté que nous créons. Je veux aller de l’avant dans la discussion sur la dé-colonialité et je veux changer les choses.

Considères-tu que tes performances soient un acte politique, une dénonciation, une résistance ?

C’est politique. Tout mon travail est politique. En ce qui concerne ce dont on a parlé avant, je parle d’identité dans la politique. L’identité en elle-même, selon moi, n’existe même pas. L’identité est déjà une construction politique.

Donc oui, mes performances sont politiques mais elles ont aussi un niveau métaphysique que peut-être beaucoup de gens ne perçoivent même pas… Il a toujours été là et maintenant il entre d’une manière plus spécifique. J’utilise la musique afro-cubaine, la religion afro-caribéenne qui n’est pas institutionnalisée et c’est la force de la chose. Ce que l’église fait de nombreuses fois est de travailler comme une sorte d’Etat de cette religion et la tuer. Ils tuent la métaphysique et la vraie spiritualité.

Donc tu intègres la religion et des éléments spirituels dans tes performances ?

Pas une quelconque religion en particulier comme une institution. Mais je m’intéresse à la spiritualité, et particulièrement à la spiritualité noire parce qu’elle véhicule beaucoup de pouvoirs, de connections et d’énergie.

Teresa María Díaz Nerio, 'Ni 'mamita' Ni 'mulatita'', Taken at Episode 4: Freedom is a Constant Struggle, Tramway, Glasgow, April 2013 © Alex Woodward/Arika 13

Teresa María Díaz Nerio, ‘Ni ‘mamita’ Ni ‘mulatita », Taken at Episode 4: Freedom is a Constant Struggle, Tramway, Glasgow, April 2013 © Alex Woodward/Arika 13

Mon dernier travail porte sur Ochun, venant de la Santeria- une religion syncrétique de Cuba et des Yoruba. J’ai intégré sa danse et du symbolisme. Plus en avant dans le temps, j’avais aussi écrit un poème pour être performé qui portait sur Erzulie, la Déesse de l’Amour voudoun haïtienne. Je m’intéresse au symbolisme des femmes et de l’amour. Je veux donner cet amour. La manière dont nous sommes spirituellement connectés et reliés aux êtres et à tout ce qui est vivant et ce qui mort est cruciale. Tout est et cette relation est ce qui nous fait tenir debout. Sinon, nous serions vides…

Vous êtes responsable de ce que vous êtes et de ce que vous devenez.

Utilises-tu ton propre corps dans tes performances pour affirmer ta conscience noire ?

Oui, j’utilise mon propre corps pour affirmer ma conscience noire et aussi pour la partager, pour moi dans la performance il s’agit de partager, de donner et non de prendre. J’ai aussi collaboré avec d’autres personnes comme Stefanie Seibold dans The Jungle is a Skyscraper, Travesti de Sangre, et Matt und schlapp wie Schnee. Et avec l’artiste Yota Ioannidou dans notre travail Aula Intergalactica. J’ai fait une performance sur les discours de Fidel Castro appelée The Speaker où j’ai invité des gens à lire ses discours.

Teresa Maria Diaz Nerio in Travesti de Sangre (with Stefanie Seibold) 2012. Photo Erre de Hierro/Montehermoso. Courtesy of Art Labour Archives

Teresa Maria Diaz Nerio in Travesti de Sangre (with Stefanie Seibold) 2012. Photo Erre de Hierro/Montehermoso. Courtesy of Art Labour Archives

Il y a d’autres personnes dans mes performances. Je pense que j’aime l’imposture en quelque sorte… Faire des performances est pour moi un moyen de devenir. Quand on fait des performances, on est dans une sorte de transe. Je veux faire des performances parce que je veux créer des relations, des liens. Je veux confronter mon corps avec d’autres corps. Ayons cette confrontation, ce corps-à-corps, avec l’identité dans la politique et voyons ce que nous pouvons créer ensemble. Je ne crois pas en l’œuvre statique qui reste la même pour toujours. Je pense que les choses vivent et meurt, c’est tout. Je veux de l’éphémère, du mouvant, du changeant, des œuvres en devenir.

20 mai 2013, à Berlin, Allemagne

Par Clelia Coussonnet


Crédits photographie à la une : Teresa María Díaz Nerio, ‘Ni ‘mamita’ Ni ‘mulatita », Taken at Episode 4: Freedom is a Constant Struggle, Tramway, Glasgow, April 2013 © Alex Woodward/Arika 13