Uprising Art est heureux de partager avec vous la troisième interview dédiée à BE.BOP 2013, une initiative formidable que nous soutenons en tant que partenaire media, et qui s’est tenue en mai dernier à Berlin, Allemagne.

Se concentrant sur l’héritage du mouvement du Black Power dans le contexte de la Guerre « Froide » d’une perspective du « Sud global », elle présentait plusieurs artistes contemporains caribéens – devenant par là le premier festival de performance Afropéen- et par extension le premier festival de performance de la Diaspora Caribéenne en Europe.

Lisez Jeannette Ehlers, une artiste qui a participé à BE.BOP avec des projections de ses œuvres vidéos, en intervenant dans les tables rondes,et qui a également réalisé sa première performance live.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Jeannette Ehlers, je suis une artiste visuelle danoise-trinidadienne, je suis née et j’ai grandi au Danemark. Je suis basée à Copenhague. Je travaille principalement avec des supports digitaux comme la vidéo et la photographie. Je travaille sur le sujet colonial-décolonial depuis quelques années maintenant et c’est très important pour moi. C’est un moteur, parce qu’il y a tellement à apprendre et à exprimer en ce qui concerne cette problématique.

Comment as-tu commencé à faire des recherches sur les implications danoises dans la traite des Noirs et dans l’histoire coloniale ? En effet, c’est une part cachée de l’histoire : comment en as-tu pris connaissance ?

Je suis allée au Ghana en 2008 où je rendais visite à des amis danois qui y vivaient. Et j’étais là-bas pour faire un projet artistique mais un projet complètement différent. Quand je suis allée au Ghana, j’ai lu un des seuls livres sur la traite des esclaves danoise, écrit par l’écrivain danois Thorkild Hansen. Être au Ghana et voir où tout cela s’est passé tout en lisant à ce sujet était tellement puissant, et il y avait tellement de choses que je ne savais pas. La visite des forts où ils gardaient les esclaves avant de les envoyer de l’autre côté de l’Atlantique, par exemple, était un moment horrible et accablant du voyage. Il y avait tellement de preuves. L’histoire m’a tout simplement frappée à cet instant. J’ai immédiatement su que je n’allais pas faire le projet que j’avais prévu donc je l’ai changé immédiatement.

Cela a été un moment crucial pour moi. En fait, avant cela, j’avais toujours ressenti que je ne voulais pas orienter ma pratique artistique sur mon origine danoise/trinidadienne…et pourquoi aurais-je du ? Avec du recul, je sais maintenant que c’était parce que je n’étais pas bien informée sur l’histoire coloniale du Danemark, comme beaucoup de Danois. Mais quand je suis allée au Ghana, je me suis rendue compte- d’une façon très personnelle- de quelle manière l’histoire m’avait piégée moi aussi, ainsi que mon héritage culturel. Et depuis ce moment-là, cela m’a paru sensé d’enquêter dans cette direction. J’avais pris conscience de cette situation et je ressentais un besoin profond de mettre en lumière tout cela. La nécessité est le meilleur moteur pour la production artistique- du moins pour moi.

Jeannette Ehlers, Black Magic at the White House, 2009, video still © Jeannette Ehlers

Jeannette Ehlers, Black Magic at the White House, 2009, video still © Jeannette Ehlers

J’ai fait quelques photographies au Ghana et ensuite j’ai voyagé dans les anciennes îles coloniales danoises, maintenant les îles Vierges américaines- – Ste Croix, St Thomas et St John. J’y ai tourné quelques vidéos. J’ai conservé cette approche au Danemark bien sûr, parce qu’il y a beaucoup de preuves au Danemark aussi auxquelles on ne s’attend pas ou que l’on ne connaît pas, mais qui sont bien là. Il n’y a pas de signes historiques ou évidents les indiquant, donc j’ai fait beaucoup de recherches. J’ai fait une pièce appelée Black Magic at the White House. Elle porte sur la résidence officielle du Premier Ministre danois, Marienborg, qui a été construite avec l’argent de la traite des esclaves et qui est passé entre les mains de différentes personnes qui travaillaient sur la traite des esclaves à cette période. Je pense que le centre de Copenhague a la même histoire mais les gens n’en ont aucune idée. Il n’y a pas de mémoire collective à ce sujet. Tout est évincé et oublié. Par exemple, je n’ai jamais appris cela à l’école. Quelques Danois ont une vague idée des colonies à l’époque dans la Caraïbe et c’est tout… Et beaucoup diraient « C’est tellement triste de les avoir vendues. On aurait pu avoir quelques îles sympas dans la Caraïbe », mais ils ne se rendent pas compte du côté obscur de ce « Paradis ».

Cherches-tu à éveiller les consciences au sujet de ces histoires cachées ?

C’est ce que j’espère. Je trouve que c’est vraiment important pour l’identité danoise d’affronter ce sujet.

En France, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni beaucoup de descendants des colonies vivent dans ces pays maintenant. Ils ne se cachent pas : ils sont là. Ce n’est pas la même chose au Danemark parce qu’il n’y a pas de descendants visibles des esclaves que nous avons emmenés dans ces îles. Cependant, on partage la même histoire, et les gens devraient connaître la vérité dans la mesure où elle forme la mentalité et la conscience des individus. Je pense que c’est vraiment un savoir crucial dans un monde global.

Quel genre de réaction as-tu reçu des officiels et/ou du gouvernement du Danemark ou des Caraïbes ? Je pense que tu as du demander des autorisations pour filmer à l’intérieur de Marienborg ou pour la vidéo Three Steps of Story

Three Steps of Story a été filmée dans la Maison du Gouvernement à Ste Croix et l’accès y était facile.

Jeannette Ehlers, Three Steps of Story, 2009, video still © Jeannette Ehlers

Jeannette Ehlers, Three Steps of Story, 2009, video still © Jeannette Ehlers

Pour Marienborg, j’ai dû écrire au Premier Ministre de nombreuses fois et ça a été très difficile.

Après avoir réalisé la vidéo, je n’ai eu aucune réaction des officiels, du gouvernement… Mais j’en ai eu beaucoup du public: tout le monde a été surpris par l’histoire.

Je pense que l’identité danoise aime se représenter, ainsi que le Danemark, comme neutre. La traite des Esclaves est taboue. On aime se faire voir comme les gentils, ce que nous ne sommes pas du tout. La traite des esclaves est la fondation sur laquelle le Monde Moderne s’est construit. Le Danemark comme le reste de l’Europe, est devenu riche grâce à la traite des esclaves. C’était l’ère de l’Age d’Or. La traite des esclaves transatlantique et l’ère coloniale affectent encore les structures de la société aujourd’hui. Et affectent aussi d’autres choses, c’est ce que je souhaite révéler dans mes travaux.

Je trouve qu’il est problématique que les Danois, et d’autres pays européens, ne veuillent pas vraiment parler de cela ni le reconnaître. Dans le Rijksmuseum à Amsterdam, j’ai lu un texte honorant les « riches et courageux » esclavagistes néerlandais de cette période de l’histoire, mais il n’y avait pas un mot sur les esclaves africains…

Chaque endroit que tu choisis est hautement symbolique. Dans tes dernières vidéos, Off the Pig et Black Bullets, tu as choisi de tourner à la Citadelle en Haïti. Ces endroits sont enracinés dans le symbolisme des combats de libérations Noirs et dans la connaissance de cette partie de l’histoire. Comment choisis-tu ces lieux ?

Je les choisis parce qu’ils sont chargés.

Particulièrement Marienborg : C’est un endroit de pouvoir au Danemark, à la fois dans le passé et toujours aujourd’hui. Je voulais le faire exactement à cet endroit, j’aurais pu le faire ailleurs mais ce n’aurait pas été la même chose.

Pareil pour la Citadelle, j’aimais l’idée de le faire là parce que c’est un symbole de liberté à Haïti.

Jeannette Ehlers, Black Bullets, 2012, video still © Jeannette Ehlers

Jeannette Ehlers, Black Bullets, 2012, video still © Jeannette Ehlers

Est-ce que tu as immédiatement fait le rapprochement avec les photographies d’Atlantic (endless row) que tu as prises au Ghana ? Pendant les tables rondes, tu as dit que si dans ces photos tu as voulu séparer les corps, tu voulais, dans Black Bullets, les reconnecter.

Je n’avais pas d’idée exacte quand je suis arrivée à la Citadelle mais bien sûr c’était en quelque sorte entreposé dans un coin de mon esprit. J’ai eu de la chance par contre parce qu’au moment où j’étais confuse et frustrée, et où j’avais besoin de matériel pour tourner ma vidéo à Haïti, soudainement une classe d’école était en train de faire une excursion et je me suis dit ‘oui, c’est ça !’ J’avais besoin d’utiliser ces enfants dans ma vidéo. Quand j’ai filmé les enfants, je ne savais pas que je les reflèterais. J’avais juste le sentiment que je faisais quelque chose de bien en les utilisant.

Puis quand je suis retournée au Danemark, j’ai expérimenté, édité et d’un coup elle était là : l’idée maintenue d’une manière symbolique..

Jeannette Ehlers, Atlantic (endless row), 2009, c-print © Jeannette Ehlers

Jeannette Ehlers, Atlantic (endless row), 2009, c-print © Jeannette Ehlers

Quelle est la place de l’expérimentation dans ton travail ?

Elle est nécessaire. Bien sûr, quand tu fais des expériences, tu trouves des solutions qui marchent, mais d’autres qui ne marchent pas. C’est un procédé.

Cela fait un moment que j’utilise la manipulation, et j’aime le fait que des méthodes visuelles puissent apporter différentes expressions et interprétations. Même si j’avais déjà procédé à des « effacements » de certaines parties de mes vidéos et de mes photos par le passé, le résultat a toujours été différent. Et particulièrement depuis que j’ai commencé mon nouvel axe de travail. Effacer est un outil que j’aime utiliser, mais bien sûr, je suis aussi ouverte à d’autres idées.

Est-ce qu’effacer et jouer sur l’invisibilité et les ombres, est un moyen de rendre ces vides historiques plus évidents ?

Oui, comme je l’ai dit j’avais déjà utilisé ces méthodes auparavant mais avec un objectif différent. A l’époque mon travail était basé sur des problématiques plus techniques et plus phénoménales. Quand j’ai commencé à parler de la Traite des Esclaves Transatlantique cela m’a ouvert les yeux et je me suis rendue compte que les méthodes que j’utilisais dans mes précédents travaux allaient bien avec le contexte profondément historique que j’abordais – lié à une approche personnelle. C’était dans la poche. Ça a collé.

Effacer quelque chose tourne autour de l’apparence et de la distance, de la visibilité et de l’invisibilité. Je pense que cela provoque une atmosphère bizarre et que cela soulève des questions. Dans Atlantic (endless row) – par exemple, les gens ne voient pas immédiatement ce qui ne va pas… Soudain ils voient que quelque chose manque et avec un peu de chance cette expérience est pensée comme provocante et va pouvoir, dès cet instant, engager à se lancer dans une introspection et une prise de conscience.

Tu aimes jouer sur les contradictions et les tensions. C’est aussi présent dans ton usage du son.

Tu sais, quelques-unes de mes vidéos sont muettes, parfois le son est de trop.

Mais, le son peut aussi souligner ton propos et créer une atmosphère lourde. C’est ce que je voulais, par exemple, dans Black Bullets.

Comment intègres-tu des éléments rituels dans ton procédé ? Comme la dance voudoun dans Black Magic at the White House.

J’ai utilisé cela une fois en réalité. Dans la vidéo que tu mentionnes. J’aime le titre et je voulais soulever une contradiction. Une maison blanche/ un espace européen envahi par des traditions et des rituels inspirés de l’Afrique. Je voulais me concentrer sur l’histoire- bien sûr- et sur l’apparence de la culture noire aussi. C’est pourquoi j’ai pensé que ce serait inspiré par l’Afrique et Haïti. Faire cela était évident pour moi, ainsi que de contraster ces espaces. La danse voudoun devient une preuve de l’implication danoise dans la traite des Noirs.

As-tu fait des recherches sur ton passé trinidadien ?

Depuis que je me concentre sur la connexion danoise dans les Antilles, je n’ai pas encore d’idée spécifique pour un projet à Trinidad, mais j’aimerais le faire. Cependant, Trinidad est aussi présente dans chacun de mes travaux. Trinidad fait partie de la Caraïbe et partage la même histoire.

Récemment, tu as travaillé avec Patricia Kaersenhout, une artiste surinamo-néerlandaise. Peux-tu nous en dire plus sur cette collaboration et particulièrement sur la vidéo The image of me?

On a été réunies l’année dernière par la curatrice Sasha Dees, pendant une résidence avec OAZO-Air, aux Pays-Bas. On a fait des recherches sur la National Gallery de Copenhague et le Rijksmuseum à Amsterdam pour voir comment l’histoire coloniale et celle de la traite des esclaves sont représentées (ou pas représentées) dans ces deux musées nationaux. Au Danemark, il y avait très peu de peintures de cette période représentant les esclaves, et les peintures étaient principalement faites par des peintres néerlandais- même pas par des peintres danois. Et une de ces peintures représentait des esclaves faisant une fête… C’était en désaccord avec la réalité. Patricia et moi avons pris des photographies dans les halls du musée et on les a manipulées pour en effacer les couleurs noires. L’œuvre est intitulée 17th century department: lack of black.

Jeannette Ehlers & Patricia Kaersenhout, 17th Century Department (Lack Of Black), 2012 © Jeannette Ehlers

Jeannette Ehlers & Patricia Kaersenhout, 17th Century Department (Lack Of Black), 2012 © Jeannette Ehlers

Enlever le noir était un acte politique et conceptuel. L’image a l’air bizarre parce ce que nous avons remplacé la couleur noire avec du blanc, elle a l’air infectée et malade.

En ce qui concerne The image of me, nous étions invitées au Black Magic Woman Festival 2012. Le titre pour tout le festival était « Be You ». Nous étions en discussion, nous avions des idées différentes, et Patricia a dit qu’elle avait trouvé un poème qu’elle gardait depuis un certain temps et ne savait pas quoi en faire. Elle avait le sentiment que nous pourrions l’utiliser pour ce projet. Patricia travaille principalement avec la peinture, le dessin, et parfois avec la vidéo aussi.

… Et elle travaille aussi sur les thèmes de la visibilité et de l’invisibilité.

Oui, nous avons beaucoup de points communs, mais nous avons différentes expressions. Ce projet était un point de rencontre. Je travaille avec l’image mouvante, cadre par cadre, et cette vidéo utilise la technique du stop-motion (image par image). Le décor de la vidéo est deux femmes –une noire et une blanche- qui changent de couleur, avec une voix-off récitant le poème “Lord, Why Did You Make Me Black?” de RuNett Nia Ebo. Cette vidéo est un hommage à la négritude.

En tant qu’artiste, on travaille beaucoup chacun de son côté, seul, et c’était agréable de collaborer. Cette collaboration pouvait partir dans plusieurs directions mais on s’est vraiment complété, on est devenues des amies proches, et on veut continuer à travailler ensemble dans le futur sur différents projets. C’est stimulant de trouver quelqu’un qui vous comprenne et vous inspire et avec laquelle vous pouvez créer de nouvelles œuvres importantes.

Est-ce que ta pratique artistique est une sorte de procédé cathartique ?

C’est un procédé de guérison. La manière dont on peut être influencé par l’histoire est cruciale. Je suis vraiment touchée et engagée dans ce sujet parce qu’il affecte le monde moderne de nombreuses façons.

J’ai beaucoup traité de l’oppression et de la répression dans mes travaux et dans des œuvres plus tardives me concentrant sur la révolte et le pouvoir venant des conflits de libération noirs de la Révolution haïtienne jusqu’à nos jours. C’est essentiel d’exprimer le pouvoir de la riposte et montrer que vous pouvez faire quelque chose.

Il s’agit à la fois de guérir et de prendre le pouvoir…

Oui, c’est important de rappeler au monde que les esclaves noirs ont en réalité réussi à gagner une guerre et à se libérer des colonisateurs, la France, comme cela s’est passé avec la Révolution Haïtienne 1791-1804. Haïti est devenu la première République noire. La Révolution haïtienne est une des nombreuses histoires réprimées. Le pays est dans cette condition tragique aujourd’hui- en partie à cause de la Révolution à cette époque. Haïti a été puni par les ex-colonisateurs et a été forcé de payer une lourde dette à la France pour sa perte économique.

Jeannette Ehlers, 3 channel still : "Off the Pig", "The March", "Black Bullets", 2012 © Jeannette Ehlers

Jeannette Ehlers, 3 channel still : « Off the Pig », « The March », « Black Bullets », 2012 © Jeannette Ehlers

Néanmoins la Révolution Haïtienne a été une inspiration majeure pour beaucoup de mouvements de droits civils plus tard – comme par exemple les Black Panthers.

Ta première performance live est demain. Comment te sens-tu ?

Alanna m’a demandée quelques fois si je voulais faire une performance pour BE.BOP 2013. D’abord, je ne voulais pas vraiment le faire. Je fais des performances dans mes vidéos mais je les édite et il n’y a pas de public en live. Puis j’ai décidé que pourquoi ne pas essayer et j’ai décidé de repousser mes limites. J’ai changé d’avis et j’ai accepté.

Je ferai une performance où j’implique le public aussi. La performance est une réconciliation avec l’histoire et aussi avec l’histoire de l’art euro-centrique et ma propre expérience de cela. Quand j’ai commencé comme artiste, je voulais être peintre. J’ai peiné avec la peinture pendant quelque temps, mais ensuite je me suis rendue compte que j’étais un peintre horrible. En fait, mon professeur à la Royal Danish Academy le pensait aussi. De plus, j’ai réalisé petit à petit que je n’étais pas du tout intéressée par toutes les questions liées à la peinture occidentale et c’est à partir de là que j’ai commencé à travailler avec la vidéo.

Jeannette Ehlers, Whip it Good!, 2013 - Live performance during BE.BOP 2013, Berlin, Germany © Uprising Art

Jeannette Ehlers, Whip it Good!, 2013 – Live performance during BE.BOP 2013, Berlin, Germany © Uprising Art

Je vais fouetter une peinture. Je vais commencer avec une toile blanche sur laquelle je vais reconstituer les méthodes de punition utilisées pendant l’esclavage. Je vais inviter des gens à me rejoindre, pour créer la peinture ensemble. Comme je l’ai mentionné c’est une réconciliation personnelle avec ma première expérience de l’art mais avant tout en relation avec l’histoire c’est un acte symbolique de riposte. Je pense qu’on pourrait aussi appeler ceci de l’esthétique décoloniale.

Je suis excitée et nerveuse à la fois.

Peux-tu nous parler de Whip it good! maintenant que tu as fait la performance ?

C’était une expérience enrichissante. J’ai trouvé que la performance a créé une situation complexe. Quand j’ai invité le public à finir la peinture pour moi cela est en fait devenu une collaboration difficile entre le projet/la peinture. Et cela a créé beaucoup de débat après. Beaucoup de réactions sur qui était en train de fouetter ; si c’était une personne noire ou blanche. Et c’est évident parce que l’histoire est constituée de plusieurs couches et niveaux en chacun de nous. Je pense que la performance l’a révélé d’une manière simple.

Quels sont tes prochains projets ?

J’aurai une grande exposition solo à Copenhague au Nikolaj Copenhagen Contemporary Art Center en 2014. Je la prépare et je veux faire de nouvelles œuvres pour l’exposition. Peut-être irai-je plus loin dans la performance ? Je ne sais pas encore.

Autre chose à laquelle je pense est utiliser mon père de nouveau. Je l’ai utilisé dans la vidéo The Invisible Empire, une œuvre qui porte sur la traite des esclaves Transatlantique en relation avec l’esclavage moderne.

Mais rien n’est encore fait !

21 mai 2013, à Berlin, Allemagne

Par Clelia Coussonnet

Crédits photographie à la une : Jeannette Ehlers © Carsten Bundgaard