Exposition individuelle, jusqu’au 2 mai 2013.

Le travail de Jorge Pineda, un des artistes les plus éminents de la scène artistique actuelle de République Dominicaine et des Caraïbes, se présente comme une relecture de thématiques et disciplines traditionnelles pour aborder une plastique personnelle au contenu social marqué.

En partant de la simplicité de techniques comme la peinture, le dessin ou la gravure, son œuvre acquiert une dimension conceptuelle en y introduisant divers rites et coutumes populaires, qui sont la base pour élaborer une idée d’identité contemporaine dans le cadre de la culture urbaine actuelle.

Au long de sa carrière, Jorge Pineda a travaillé sur un format varié, incluant peinture, sculpture, installation et vidéo. Une des caractéristiques de son travail est précisément celle-ci : un processus de changement permanent, où l’artiste joue avec l’espace et invite le public à faire partie de l’œuvre en l’obligeant à sortir de son rôle de simple spectateur.

Jorge Pineda, 18 veces, 2007 © Jorge Pineda

Jorge Pineda, 18 veces, 2007 © Jorge Pineda

La réinterprétation des archétypes de la société dominicaine, ainsi que l’analyse des diverses problématiques sociales du contexte, telle qu’elle se reflètera dans cette exposition, est le moteur d’une réflexion sur l’histoire collective hispano-américaine qui s’est formée au cours de générations successives.

Avec les mots de Fernando Castro Flórez : ses œuvres, à partir d’une référence conceptuelle à l’Amérique latine et aux contradictions que le modèle économique néolibéral a provoqué en elle, avec une volonté manifeste de critique sociale, mais sans tomber dans le pamphlet ni le littéralisme bête. Du racisme à la violence infantile, de la prostitution à une sorte de simulacre généralisé, Jorge Pineda fait une allégorie des questions brulantes de notre temps. Loin d’une mentalité sublimatoire mais aussi conscient de ce que le but de l’art n’est pas de faire de la sociologie soft, cet artiste incarne à la perfection la problématique glocal : ses sujets ont une racine territoriale très spécifique mais, en même temps, sont reliés à ce qu’il se passe dans le reste du monde.

Jorge Pineda, Jappy II, 2012 © Jorge Pineda

Jorge Pineda, Jappy II, 2012 © Jorge Pineda

Dans l’introduction qu’elle fait pour le catalogue de Shadows and others Fairy Tales, Mariluz Hoyos nous dit : Pineda donne au spectateur la possibilité d’un coup d’œil à une histoire familière. Dans certains cas, c’est dur de résister à l’allure du conte de fées alors que notre esprit tente de le reconstruire, mais il complexifie le conte que nous pensons connaître en en interrompant le rythme et la trame..

Programme d’ouverture le 7 février – 19h : Conférence de Jorge Pineda, « After all, tomorrow is another day » ; 20h Inauguration.

IVAM, Instituto Valenciano de Arte Moderno, Guillem de Castro 118, Valencia, Espagne.

Exposition à voir du mardi au dimanche, de 10 à 19h, du 7 février au 2 mai 2013.

http://www.ivam.es/exposiciones/2945-jorge-pineda

Crédits photographie à la une : Jorge Pineda © IVAM