Uprising Art est fier de partager avec vous une série d’interviews dédiée au Pavillon Cubain dans la 55e Biennale de Venise, où nous avons effectué un reportage du 28 mai au 1er juin.

Nous nous sommes concentrés sur la présence des artistes contemporains caribéens dans cet évènement international majeur, et nous avons interviewé le Pavillon cubain, le Pavillon bahamien, et le Pavillon de l’Instituto Italo-Latino Americano.

Lisez l’artiste Glenda León sur sa participation dans La Perversión de lo clásico: Anarquía de los relatos.

Pouvez–vous présenter votre œuvre Música de las Esferas?

C’est une boîte à musique que j’ai construite en prenant les planètes du système solaire comme notes. Me basant sur la position que les planètes avaient le jour même où j’ai commencé à travailler- le 20 octobre- j’ai juxtaposé des partitions musicales vides pour créer une composition. J’avais besoin de faire des partitions musicales rondes et de là j’ai pris cette image et je l’ai donnée à un compositeur, lui demandant de la lire, de mettre ce qu’il voyait, mais de ne pas l’interpréter. Le résultat a été cette boîte. Nous avons seulement neuf notes, et la composition est une boucle de 30 secondes.

J’ai donné la composition à une maison en Suisse qui fait des boîtes à musique. Un moteur dans la sphère fait fonctionner la boîte à musique. J’ai fait construire cette sphère en verre à Ségovie en Espagne, spécialement pour la pièce.

Comment avez-vous développé cette œuvre d’art ?

Mon idée pour Música de las Esferas vient des Grecs et principalement de Pythagore et de Platon. Pour eux, tout est lié au calcul mathématique. L’harmonie du monde et de l’univers était parfaite selon eux, et établissait une connexion entre la musique et les mathématiques.

Glenda Leon, Musica de las Esferas, 2013 © Uprising Art

Glenda Leon, Musica de las Esferas, 2013 © Uprising Art

J’aimais beaucoup l’idée que les planètes aient un son. Je pensais que c’était génial. La façon dont elles bougent et la vitesse à laquelle elles bougent produisent de la musique mais nous ne pouvons pas l’entendre. Nous ratons des choses. Nous n’avons pas l’habilité d’écouter. C’est fascinant et c’est pourquoi j’ai eu cette idée d’avoir de la musique venant des sphères d’une manière simple où, comme je vous l’ai dit, j’ai construit une partition et une composition seulement en juxtaposant une partition musicale vide à l’image du système solaire.

Vous avez déjà beaucoup traité de la musique dans votre pratique artistique. Pourriez-vous nous rappeler la relation que vous établissez entre la musique et l’art ?

En réalité, cette implication est venue profondément de l’intérieur parce que je suis née avec un sentiment profond à l’égard de la musique et de la danse et de leur expression à travers mon corps. J’aime exprimer ce que je ressens avec mon corps et à la base je voulais devenir danseuse. J’ai pratiqué le ballet pendant 10 ans et une fois cela terminé la chose principale qui en resta fut le son. Il me fascinait.

Quand j’ai débuté ma pratique artistique, ma première œuvre d’art a été une amplification du son des pas des gens dans une exposition. Cette installation sonore date de 1999. Depuis, j’ai travaillé avec le son dans des éléments comme des boîtes à musique ou des matériaux comme des vinyles. J’aime jouer avec des matériaux qu’on n’écoute pas mais dont on sait qu’ils « portent » un son. Dans mes pièces, le son et la musique sont présents de deux façons: conceptuellement et physiquement.

Votre pratique est enracinée dans la poésie et la légèreté.

Je pense qu’on passe à côté de beaucoup de spiritualité dans notre monde, particulièrement dans l’art. Cependant, on a besoin de la spiritualité. Les problématiques sociales sont beaucoup représentées dans les œuvres d’art. Cela me va mais c’est une problématique en périphérie.

Pour moi, la chose essentielle est notre âme, c’est ce qu’il y a à l’intérieur. Je pense que cela pourrait être associé à la poésie et à la légèreté. Je pense que si on comprenait la légèreté en tant qu’« élever spirituellement », alors oui, c’est un de mes objectifs principaux à la fois dans ma vie et dans mon travail. La vie devrait être de plus en plus légère.

Venise, Italie – 31 mai 2013

Par Clelia Coussonnet

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Crédits photographie à la une : Glenda Leon, Musica de las Esferas, 2013 © Uprising Art